Gestion des réseaux d’assainissement

Mardi 19 mai 2009, par Luc Blanchard // Eau

Conseil municipal du 18 mai 2009 / Question n°14 et 15

La présente convention a pour objet d’établir les domaines de l’assainissement où s’exercera pleinement la collaboration entre le département, la communauté d’agglomération Val de Seine et les villes de Boulogne-Billancourt et de Sèvres.

Cette délibération nous propose d’approuver les termes d’une convention visant à une gestion coordonnée des réseaux. Nous sommes sensibles au fait que dans ses articles 6 et 7 cette convention prévoit de lutter contre les eaux claires parasites et de limiter les eaux de ruissellement. Cette question est particulièrement importante.

Il faut savoir qu’aujourd’hui les eaux pluviales et les eaux claires, c’est-à-dire pour l’essentiel les eaux de sources, sont canalisées dans les égouts, mélangées avec les eaux usées et traiter à Achères, au fin fond des Yvelines. Pour prendre un exemple, la source Saint-Germain que Maurice Leroy a retrouvée sous le parking du marché, débite 35 m3 heure. Il s’agit d’une eau pratiquement potable qui est canalisée dans les égouts, qui parcourt 35 km dans les tuyaux et qui est traitée à grands frais pour être renvoyée en Seine, plus sale qu’elle ne l’était au départ !

Les Verts demandent depuis des années que soient mis en place des réseaux séparatifs de façon à ne pas mélanger les eaux propres et les eaux sales. Pratiquement, cela nécessite de réduire la présence d’eaux claires parasites mais aussi de permettre aux eaux pluviales de s’infiltrer là où elles tombent. Pour aller vite, disons qu’il faudrait pour cela déconnecter les gouttières du réseau d’égouts, végétaliser les toitures, créer des chaussées poreuses etc…

Sur tous ces aspects, la convention va dans le bon sens, on ne peut que se réjouir qu’il y ait une meilleure coordination entre les gestionnaires des réseaux et que soit pris en compte les effets pervers du « tout à l’égout ». Pourtant, sur le fond, est-il raisonnable de surveiller et d’entretenir des km de tuyaux pour envoyer nos eaux usées dans une énorme usine, la plus importante d’Europe, la deuxième au monde après Chicago ?

Le SIAAP qui gère l’usine d’Achères (qui se nomme aujourd’hui Seine Aval) a répondu lui-même à la question en commençant dans les années 1990 à décentraliser ses usines. L’une d’elle devait être installée à Sèvres et traiter les eaux usées des 200 000 habitants de la Vallée du Ru de Marivel. Le Syndicat intercommunal d’Assainissement de la Vallée du Ru de Marivel, présidé par le maire de Sèvres, s’y est opposé. C’est regrettable car cela va à l’encontre d’une politique cohérente de développement durable. Les Verts réaffirment qu’il faut implanter une petite station d’épuration en bord de Seine, à proximité du bassin de rétention.

La convention que l’on nous demande de signer aujourd’hui ne fait que la moitié du chemin, aussi nous nous abstiendrons lors de ce vote.

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