Avis sur le SCOT

Conseil Municipal 26 mars 2009

Jeudi 2 avril 2009, par Catherine Candelier // Urbanisme

Texte de l’intervention :

"Le rapport de présentation qui nous est proposé ce soir mérite quelques observations. Les trois quarts du texte consistent à nous rappeler de façon presque poétique les atouts de notre bonne ville de Sèvres, comme si nous étions des touristes la découvrant.

Ce rapport de présentation aurait pu nous faire un résumé un peu plus exhaustif des intentions du Schéma de Cohérence Territoriale et être un peu moins auto centré sur la ville de Sèvres.

Le SCOT couvre un territoire d’environ 350.000 habitants. Il s’agit d’un document d’urbanisme, de planification urbaine à l’horizon 2020. Malheureusement, au lieu d’être le cadre général qu’il devrait constituer, avec une vision globale du territoire, il se réduit bien souvent à l’addition pure et simple des intérêts des communes qui composent le syndicat mixte. L’addition des PLU et des PLH aboutit par exemple à une volonté de production de logements bien inférieure aux besoins de nos concitoyens. 1.500 par an d’ici 2013 puis 1.300 jusqu’en 2020. A l’inverse, on va construire des milliers et des milliers de m2 de bureaux supplémentaires, pour ressembler le plus possible au quartier d’affaires de la Défense, modèle de réussite au niveau urbain, social, économique et environnemental. Le Préfet de Région, la DDE et la Région ont critiqué cette stratégie qui va aggraver le déséquilibre habitat-emploi existant. Et amener bon nombre de salariés à devoir habiter en dehors du périmètre, accroissant ainsi les déplacements contraints. Concernant les logements sociaux, ils représentent aujourd’hui en moyenne 16 % du parc existant. Le projet de SCOT a pour objectif d’atteindre le seuil légal des 20% uniquement en 2020. Et cet objectif est tellement secondaire que la construction de logements sociaux n’est même pas répartie par commune. Pour limiter les nuisances du trafic automobile, les seules recommandations du SCOT sont de limiter la vitesse des véhicules et d’espérer un chimérique report de la circulation grâce au bouclage de l’A 86. Je note d’ailleurs que cette hypothèse est remise en cause également par le Conseil Général qui rendait son avis aujourd’hui sur le document. Le SCOT ne contient même pas une carte des pistes ou réseaux cyclables existants ou projetés. En prenant le parti de vouloir loger plus d’emplois que d’habitants, en persévérant sur une politique des déplacements qui fait la part belle à l’automobile, le projet de Scot n’est en rien un projet de développement durable

Les Verts regrettent qu’à nouveau rien ne soit proposé pour l’accueil des gens du voyage. La seule proposition du syndicat mixte est de créer une aire dans le bas du Parc de St Cloud. Cette proposition a été même été rejetée par le Conseil Général. Une fois de plus, hélas, les communes, les agglomérations membres du syndicat mixte se dérobent à leurs obligations légales.

Pour toutes ces raisons, nous ne sommes donc pas favorables au projet qui nous est soumis."

En réponse, le Maire indique que les déplacements ne seront pas augmentés, et que de toute façon "les gens ne cherchent pas à travailler là où ils habitent". Non, c’est sûr, les "gens" préfèrent passer un temps fou dans les transports pour aller bosser ! Autre fine remarque de l’édile : "le SDRIF est un projet mort-né" qui par sa volonté de densifier à outrance menace les zones pavillonnaires, remplacées par des immeubles collectifs ! Enfin, il déclare que les documents d’urbanisme ne sont pas destinés à faire du développement durable. On l’invite volontiers à relire le code de l’urbanisme...

La majorité approuve le projet de SCOT, Verts et PS votent contre, le Modem s’abstient.

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