Autolib, la fausse bonne idée

Jeudi 2 avril 2009, par Luc Blanchard // Transports

Conseil du 26 mars 2009

La proposition qui nous est faite d’adhérer à un syndicat mixte ouvert pour la mise en place d’Autolib interpelle les Verts. Depuis de nombreuses années nous militons pour passer de la voiture « procession individuelle » à la voiture « partagée en fonction des usages ». Nous avons soutenu la mise en place de dispositifs d’autopartage dans de nombreuses agglomérations. En ce qui concerne notre commune, qui est bien desservi par les transports en commun, nous pensons que nombre de nos concitoyens pourraient se passer, non pas seulement d’une deuxième voiture, comme le propose Pascale Flamant, mais aussi de la première. Cela permettrait de réduire le nombre de véhicules en circulation et offrirait aux particuliers l’occasion de réaliser de substantielles économies. En temps de crise ce n’est pas négligeable.

Le projet qui nous est proposé diffère des dispositifs d’autopartage existants puisque, sur le modèle de Vélib, un véhicule peut être pris dans une station et laissé dans une autre. A l’inverse, dans tous les systèmes d’autopartage il faut rapporter le véhicule à l’endroit où il a été pris. Cette petite différence a de grosses conséquences.

Tout d’abord le risque est grand que le report modale ne se fasse pas dans le bon sens. Si les « autolib » peuvent être prises à Sèvres et laisser à Paris, les usagers seront tentés d’abandonner les transports en commun pour la voiture. C’est le contraire de ce que nous voulons. Ensuite, compte tenu du nombre de véhicules en libre service (deux stations de six voitures) il suffit qu’une douzaine de personnes décident de se rendre à leur travail en voiture pour que les stations sévriennes soient vidées… pour la journée. Pour palier ce problème, il pourrait être décidé de « réapprovisionner » les stations de banlieue à l’aide de camions comme cela se fait dans certaines stations vélib, mais dans ce cas qu’en est-il du bilan carbone ? Nous souhaitons qu’une étude d’impacte soit menée à ce sujet.

Dans le même ordre d’idée nous souhaiterions en savoir plus sur la motorisation de ces véhicules. Dans un premier temps il a été question d’utiliser des véhicules électriques mais les constructeurs semblent ne pas être en mesure de fournir rapidement les 4 000 voitures électriques nécessaires. Aujourd’hui, on nous parle de « voiture propre » sans plus de précision. S’il s’agit de véhicules hybrides il faudra également que les prestataires fassent régulièrement le plein de carburant ce qui aggrave le problème.

Enfin, que se passera-t-il, le soir, lorsque les stations sévriennes seront pleines ? Les automobilistes devront-ils retourner à Boulogne-Billancourt ou dans le 15e arrondissement pour parquer leur « autolib » avant de rentrer chez eux en transport en commun ?

En conclusion, nous préférerions que les moyens financiers prévus pour « autolib », soit 50 000 euros par station, soit consacrés au développement de l’autopartage.

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Le maire répond en substance qu’il y aura un dispositif (sans plus de détails) qui permettra de savoir si il y a de la place dans les stations sévriennes et même de réserver son emplacement...

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